Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/439

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DE GUSTAVE FLAUBERT. À 43 3 passé hier une journée dont je mé souviendrail .l'ai reçu la nouvelle le matin par un télégramme enfermé dans une lettre, si bien qu’au moment où j’apprenais la mort de mon vieil ami, on l'en-` terrait; - .l’avais donné rendez-vous a Caudron et aux dames Lapierre. Donc j'ai été a Rouen, pour nc ‘ pas faire l'l10mm0 sensible. Sur. le bateau de La Bouille, conversation d'Émangard l A la descente du bateau, Caudron était là et nous avons réglé diflérentes choses relatives à. Bouilhet. ll m’a accompagné a l’Hôtel-Dieu où je vais aller pour avoir des détails sur le pére Pouchet. Ta tante ne m'a parlé que des chaleurs ou de la chaleur qu'eIle éprouvait, et des aloyaux du sieur Tassel. Aprés quoi, j’ai traversé toute la ville à pied, où j’ai rencontré trois ou quatre Rouennais. Le spec- tacle de leur vulgarité, de leurs redingotes, de leurs chapeaux, ce qu’ils disaient et le son de leurs voix, m'ont donné a la fois envie de vomir et de pleurer! Jamais, depuis que je suis sur la terre, pareil dégoût des hommes ne m’ava1t étouH·`él J e pensais continuellement à l’amour que mon vieux Théo avait pour l’Art, et je sentais · comme une marée d’immondices qui me submer- geait. Car il est mort, j’en suis sûr, d'une suH·`o- cation trop longue causée par la bétise moderne. Je n’étais pas en train, comme tu penses bien, d’aller voir les farces de la foire Saint-Romain. « Les angesm » de la rue de la Ferme l'ont deviné, et i'ai été au Cimetière Monumental voir les tombes de ceux que j’ai aimés. Mes deux (1) Mme Lapierre et sa sœur Mm Brainne. ' L · 28

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