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» APPENDICE, Il r PRÉFACE AUX . DERNIÈRES CHANSONS POESIES· POSTHUMES DE Louis BOUILHET. I On simplifierait peut-étre la critique si, avant d’énoncer un jugement, on déclarait ses goûts; car toute œuvre d'art.enferme une chose particuliere tenant a la personne de l'artiste et ui fait, indépendamment de l’exécution, que nous sommes sécguits ou irrités. Aussi notre admiration n’est—elle complète que pour les ouvrages satisfaisant à la fois notre tempérament et notre esprit. . L'ouhli de cette distinction préalable est une grande cause d'in- justice. — Avant tout, l’opp0rtunité du livre est contestée. mt Pourquoi ce roman ? à quoi sert un drame ? qu’avons-nous besoin ? etc. » Et, au lieu d’entrer dans l'intention de l'auteur, delui fairevoir en quoi il a manque son but et comment il fallait s'y prendre pour l'atteindre, on Ie chicane sur mille choses en dehors de son sujet, en récla- mant toujours le contraire de ce qu'il a voulu. Mais si la compé- . tence du critique s’étend au delà du procédé, il devrait tout d’abord établir son esthétique et sa morale. Aucune de ces garanties ne m'est possible a propos du poète dont il s'agit. Quant a raconter sa vie, elle a éte trop confondue avec la mienne, et la-dessus je serai href, les mémoires indivi- duels ne devant appartenir qu'aux grands hommes. D’ailleurs, n'a-t-on pas abusé du « renseignement »? L'histoire ahsorhera bientôt toute la littérature. L'étude excessive de ce qui faisait Fatmosphère d’un écrivain nous empêche de considérer Forigi- nalité méme de son génie. Du temps de Laharpe, on était convaincu que, grâce à de certaines règles, un chef-d'œuvre ·vient au monde sans rien devoir à quoi que ce soit, tandis que