Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/48

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42 connEsPo1~mANcE un tremblement l'a saisi, il a balbutié : << Adieul Adieul » en se fourrant la tête sous le menton de Léonie, et il est mort très doucement. Le lundi matin, mon portier m'a réveillé avec une dépêche m'annonçant cela en style de télé- graphe. .l’étais seul, fai fait mon paquet, ie t'ai expédié la nouvelle; ilai été le dire a Duplan, qui était au milieu de ses affaires; puis j’ai battu . le pavé jusqu’à 1 heure, et il faisait? chaud dans les rues, autour du chemin de ier. De Paris à Rouen, dans un wagon rempli de monde, i’avais en face de moi une donzelle qui iumait des ciga- rettes, étendait ses pieds sur la banquette et chan- tait. En revoyant les clochers de Mantes, j’ai cru · devenir fou, et je suis sûr que ie n’en ai pas été loin. Me voyant très pâle, la donzelle m’a oflert de l’eau de Cologne. Ca m’a ranimé, mais quelle soif`! Celle du désert de Kosseïr n'était rien auprès. Enfin je suis arrivé rue Bihorel : ici je t’épargne les détails. Je n’ai pas connu un ·meilleur cœur que celui du petit Philippe (1); lui et cette bonne Léonie ont soigné Bouilhet admirablement. lls ont fait des choses que ie trouve propres. Pour le rassurer, pour lui persuader qulil nlétait pas dangereusement malade, Léonie a refusé de se marier avec lui, et son fils l'encourageait dans cette résistance. C’était si bien l’intention de Bouilhet, qu'il avait fait venir ses papiers. De la part du jeune homme, surtout, ie trouve le pro- cédé assez gentleman. Moi et d'Osmoy, nous avons conduit le deuil; il a eu un enterrement très nombreux. Deux (1) Philippe Leparfait, fils cle Léonie, adopté par Bouilhet.

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