Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 7.djvu/17

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l’ignore. Ce qu’il y a de sûr, c’est que j’ai été très malade, vaguement. Mais, à présent je vais mieux. Depuis le 1er janvier dernier, Madame Bovary et Salammbô m’appartiennent et je pourrais les vendre. Je n’en fais rien, aimant mieux me passer d’argent que de m’exaspérer les nerfs. Tel est votre vieux troubadour !

Je lis toute espèce de livres et je prends des notes pour mon grand bouquin qui va me demander cinq ou six ans, et j’en médite deux ou trois autres. Voilà des rêves pour longtemps ; c’est le principal.

L’Art continue à être « dans le marasme », comme dit M. Prud’homme, et il n’y a plus de place dans ce monde pour les gens de goût. Il faut, comme le rhinocéros, se retirer dans la solitude, en attendant sa crevaison.



1365 à la même


[Paris], jeudi, 20 mars 1873.
Chère Maître,


Le gigantesque Tourgueneff sort de chez moi, et nous venons de faire un serment solennel. Le 12 avril, veille de Pâques, vous nous aurez à dîner chez vous.

Ce n’a pas été une petite affaire que d’en arriver là, tant il est difficile de réussir en quoi que ce soit.

Quant à moi, rien ne m’eût empêché de partir dès demain. Mais notre ami me paraît jouir de

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