Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/279

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XI

Saint-Malo. — Tout entouré de remparts, rues étroites, resserrées ; maisons hautes noires, on voit chez le voisin ; vie triste, violente et colorée; caractère singulièrement énergique de tout cela. — La mer est d’une beauté inouïe. — Hôtel de France : au second étage, en dehors, est écrit : Ici est né Chateaubriand. — Ilot du Grand-Bey ; une seule pierre et croix de granit; le monument est composé de trois morceaux. A droite, Saint-Malo et la maison où il est né; à gauche, des îles; en face, la mer. Herbe rare; plus haut, casemate démantelée qui a l’air d’une masure en ruines ; en bas, des rochers dans l’eau et le bruit des vagues qui s’y entrecroisent et s’y replient. La première fois que nous y (urnes, c’était le soir, le ciel était rose.

Saint-ServAn. — Quatre tours. — Fabrique de pipes, calme tout particulier de cet établissement. — Dans un cabaret, homme indigné contre les entrepreneurs des travaux. — Navigation pour revenir à Saint-Servan avec deux mate- lots : le père avait doublé le cap Horn, le fils le cap de Bonne-Espérance. — Bordées jusqu’à Dinard. — M. Bou- don, conversation sur Harel et Georges. Les bourgeois comprennent décidément peu la vie honnête; suivre son instinct semble un crime dans l’état civilisé; même lorsque l’instinct est généreux on en est puni par les lois souvent; mais toujours par le mépris de ses concitoyens, et puis par la misère; alors on rit de vous et on vous blâme et si vous

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