Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/87

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V

Carnac. — Chez fa veuve Gitdas. — Logés dans une grande chambre à deux lits, nous arrêtons d’y séjourner; les lits sont à baldaquin et on ne borde pas par le pied la couverture afin qu’on puisse la plier et montrer la large raie rouge qui en fait la bordure. Les murs sont tapissés de l’histoire de Joseph, de gravures religieuses : portraits de saint Stanislas, de saint Louis de Gonzague, etc., certifi- cats de première communion avec vignettes représentant l’intérieur de l’église et des communiants; une dame qui

revient de la Sainte Table a l’air de d........ dans ses

mains. Sur la cheminée sont rangées des tasses à café dorées sur lesquelles il y a écrit «liberté, ordre public», et aux deux bouts deux carafes dans lesquelles il y a la repré- sentation en bois peint, enrichi de perles et de plumes, du tombeau de l’empereur, entouré de six troupiers de divers grades portant des couronnes vertes oblongues comme des cornichons. Dans l’autre on voit le Saint Sacrifice de la messe, avec deux enfants de chœur ayant des pains de sucre rouges sur la tête en guise de calottes; l’autel est entouré de quatre colonnes en perles. Sur une grande armoire, quatre cuvettes de Russie. Au plafond sur ma tête deux paniers d’osier.

Après avoir fumé une pipe et bu une bonne bouteille de bière blanche, nous avons été voir les pierres. — Femme en casaquin rouge, nu-pieds, avec son long bonnet qui volait au vent; c’était vigoureux et hardi. — Les pierres