Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/90

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petits pins, le soir nous étions gris de la nature. Après nous être reposés deux heures sur le sable, nous étions repartis, emportés par la fièvre des rochers, des goémons, des va- rechs. — Caverne chocolat. — Une avec des herbes vert feu de bengale et distillant des gouttes d’eau ; un grand pan en glacis, etc., etc. ; forme variée des herbes, couleur d’argent, veines de sang; grands pans réguliers qui font penser à des ruines de palais antédiluviens.

De Belle-Isle à Quiberon, bon vent. — Jeune mousse blond qui chantait dans la brise et dont on n’entendait pas les paroles. — Un cheval. — Deux voyageurs pour le com- merce : le vieux blanchi dans l’exercice; l’autre, vaude- ville Achard, tutoyant les marins, etc. — Déjeuner à Qui- beron avec eux. — Un monsieur de l’endroit, nullité complète, tout oreilles, le troupier de l’avant-veille gris perdu.

Du fort Penthiévre À Plouharnel, route triste dans les sables au bord de la mer qui reluisait en bleu et pétillait à notre gauche avec ses vagues blanches pressées. — Nous rencontrons la poste de Quiberon. — Chaussée pour re- joindre Plouharnel, grosses pierres.

Plouharnel. — Chez Demame, aubergiste. —Vieux men- diant birsutus, sudans purpureusque. — Le chercheur de sangsues. — Couteau celtique du maire. — Nous dinons avec les deux voyageurs qui se rembouriffent de nous; le maire veut prendre un verre de champagne et écoute. — A 3/4 de lieue dolmens.

(#)II faisait chaud, le bon soleil de mai nous mor- dait le cou, et nos chemises de soie nous collaient dans le dos. Aussi notre premier soin en arrivant à Carnac, chez la veuve Gildas, notre hôtesse, fut-il

’*’ Inédit, pages 81 à 96.