Page:Floupette - Les Déliquescences, 1885.djvu/10

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table à nous, tout au fond de l’estaminet. Quand les bocks frelatés commençaient à nous monter au cerveau, nous entonnions joyeusement, en scandant le rythme à coups de talons, l’ode d’Horace :


Nunc est bibendum, nunc pede libero
Pulsanda tellus, etc…


Et, tout-à-coup, Floupette, se levant d’un air inspiré, les cheveux en coup de vent, déclamait sa description de la tempête :


Quelquefois l’air en feu, du sein d’un noir orage,
À la nature entière, effroyable présage,
Darde ces traits bruyants, qui portés aux échos
Font redouter au loin le retour du chaos.
Les animaux tremblants regagnent leurs tanières, etc.


Nous avions le culte de la périphrase, comme il convient à des classiques renforcés et nous pensions sérieusement que Racine était très fort.