Page:Fortin - Brunetière et Besançon, 1912.djvu/236

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purs… car tel est le point où doivent infailliblement le conduire les travaux du génie et les progrès des lumières ». « La science, dit Renan, fournira toujours à l’homme le seul moyen qu’il ait pour améliorer son sort… Organiser scientifiquement l’humanité, tel est le dernier mot de la science moderne. » Et quelle organisation ! Les lettres à Berthelot nous en donnent l’idée : toute la force matérielle serait concentrée entre les mains d’une aristocratie de physiciens ! Ces sages feraient trembler — pour son bien — la vile multitude. Paris a eu, l’année dernière, un aperçu de ce merveilleux régime ; malheureusement, le maître de la force électrique était M. Pataud !

Brunetière donc demande si Darwin — que, cependant, il égale à Newton — nous a fait faire un pas vers la connaissance de ce que nous sommes et de notre origine ; et si la linguistique et les sciences paléographiques, qu’elles aient poussé leurs recherches en Grèce, en Egypte ou en Orient, ont été plus heureuses. Et il rappelle ces paroles imprudentes : « La science n’a vraiment commencé que du jour où la raison s’est prise au sérieux et s’est dit à elle-même : tout me fait défaut, de moi seule me viendra mon salut ! » — « Taisez-vous, s’écrie-t-il, en ce cas, ô raison imbécile,… impuissante à nous déli-