Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/35

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Confucius se recueillit et les cordes commencèrent à vibrer. A chaque son qui s’envolait de la lyre, le jeune philosophe redoublait d’attention et ne quittait pas l’instrument des yeux, et il tomba bientôt dans une sorte d’extase qui dura longtemps encore après que le musicien eût fini de jouer.

« En voici assez pour cette fois, » dit Liang, surpris de la profonde impression éprouvée par son disciple. Pendant dix jours, le maître ne fit entendre à son élève que la même mélodie et l’élève s’exerça à la jouer après lui.

Votre jeu ne diffère pas du mien, lui dit alors Liang il est temps que vous vous exerciez sur une autre mode.

Votre humble disciple, épondit Confucius, ose vous demander de le laisser encore étudier cette pièce il ne suffit pas de la jouer correctement comme quelqu’un qui suivrait les lignes. d’un dessin sans savoir quel objet ce dessin représente. Je voudrais trouver le sens de cette mélodie, pénétrer l’idée du compositeur, et j’avoue que malgré mes efforts, je n’ai pas encore réussi."

— « Bien, » dit le Maître, «je vous donne cinq jours pour éclaircir cette question. »

Ce terme expiré, Confucius se présenta devant Liang.

Je commence à distinguer confusément l’âme de cette musique, comme on voit les objets mal éclairés encore dans les brumes de l’aube, « dit-il » le jour n’est pas venu tout à fait, donnez-moi cinq jours encore, et si je n’ai pas atteint encore le but que je me propose, je me regarderai comme indigne de m’occuper de