Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/55

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


La Maison

De belles lanternes pendent du plafond derrière le banc d’honneur se déploie un grand paravent en bois de fer. incrusté de nacre. Le banc d’honneur est une sorte de grande table basse entourée de trois côtés d’une petite balustrade ; des coussins plats et fort durs sont posés sur le fond du banc en marbre de Yunar enchâssé dans le bois ramagé deux petits traversins servent à appuyer les coudes, et la table, semblable à un large tabouret, qui sépare le visiteur de son hôte, est destinée à supporter les tasses et le thé. Un épais tapis en poil de chameau s’étend sur le sol des tables et des chaises en marbre et en bois de fer, cette matière extrêmement dure que l’on travaille si merveilleusement à Canton, sont rangées sur deux lignes deux grandes glaces, soutenues par des supports magnifiquement sculptés, complètent l’ameublement, ces cadres sont en métal un peu troubles peut-être. Il y en a de ronds comme la pleine lune, et qui font un effet pittoresque sur le dos d’un dragon, ou entre les griffes d’un chien fantastique.

Dans les maisons plus riches s’élèvent encore au milieu de jardins, de très somptueux pavillons vers lesquels on monte par quelques marches qui leur servent de base. Le balustrade en bois découpé qui entoure ce terre-plein est ordinairement’ornementée du méandre bien connu que l’on nomme une grecque et que l’on devrait plutôt nommer une chinoise, car les Chinois bien avant les Etrusques et les Grecs ont orné leurs objets d’art de cette ligne décorative qu’ils savent varier à l’infini on retrouve ces méandres qui, d’après les récits homériques décoraient le bouclier