Page:Gautier - Le Second Rang du Collier.djvu/28

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Il faudra me soumettre au bon plaisir de l’omnibus, attendre au bord du trottoir, les pattes dans la crotte, son passage, et subir les cinquante-cinq minutes réglementaires de trimbalage, et encore s’il ne passe pas complet, auquel cas je piétinerai sous la pluie et le vent à n’en plus finir !

Là-dessus, les deux directeurs l’accablaient de reproches affectueux : comment pouvait-il s’imaginer, qu’étant ses voisins, ils le laisseraient aller en omnibus, tandis qu’ils iraient en voiture ?…

— Je viendrai vous chercher chaque jour, cher maître, disait Dalloz, et je vous ramènerai.

— Me prends-tu pour un pignouf ? clamait Turgan ; me crois-tu capable de te laisser patauger et attraper des rhumes de cerveau, pendant que j’aurai les pieds au sec dans une bonne guimbarde ?… D’abord tu n’auras pas besoin de venir tant que ça au Moniteur : nous irons cueillir ta copie chez toi, et on te dépêchera des larbins, qui t’apporteront les épreuves et attendront, pour nous les rapporter corrigées.

Mon père hochait la tête, très peu convaincu de la réalisation de toutes ces belles promesses ; mais il était forcé de reconnaître qu’habiter une petite maison à soi avait un certain charme ; que l’absence de voisins, et surtout l’abolition du concierge étaient à considérer ; de plus, la distance débarrasserait des importuns, et Neuilly comptait déjà des habitants de choix… Le petit Dumas, comme