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CHAPITRE VI

L’affaire de Sorbonne en 1655 ; les Provinciales ; le miracle de la Sainte Épine



Heureux de voir son orthodoxie reconnue par le pape, Port-Royal croyait pouvoir vivre en paix après l’affaire des cinq propositions. Ses bâtiments de Paris s’achevaient, grâce au chevalier de Sévigné, à la marquise d’Aumont et à Mme de Sablé et on remettait le monastère des champs en état de recevoir un personnel chaque jour plus nombreux ; il venait de toutes parts des petites pensionnaires et des novices ; les solitaires se multipliaient ; les Petites Écoles étaient florissantes sous la direction de maîtres admirables ; il y avait enfin de très nombreux amis du dehors, appartenant au monde de la magistrature, à la haute bourgeoisie, à la noblesse même ; il suffit de citer Ph. de Champaigne, les Bignon, MM. de Bernières et Dugué de Bagnols, la famille Pascal, les ducs de Luynes et de Lianeourt, etc. Ce pouvait être le début d’une ère de prospérité, si la Société de Jésus ne s’y était pas opposée de tout son pouvoir. Mais les Jésuites avaient déclaré à Port-Royal une guerre à mort, et les circonstances leur étaient alors on ne peut plus favorables. Le pape Innocent X, qui n’aimait pas les moines, avait pour les Jésuites, dit G. Hermant, une aversion toute particulière ; mais il était leur prisonnier. Mazarin ne les estimait guère, mais il les faisait servir à ses desseins,