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CHAPITRE XII
Les dernières années de Port-Royal. — Noailles. Les Jésuites et Louis XIV. — Destruction du monastère en 1709.


La mort de Harlay délivrait les religieuses de Port-Royal de leur ennemi le plus perfide, mais il leur en restait deux qui étaient irréconciliables, le Père La Chaise et Louis XIV. En choisissant Noailles pour complaire à Mme de Maintenon, le roi n’avait pas exigé de lui la promesse qu’on avait jadis arrachée à Péréfixe ; le nouvel archevêque ne s’était pas engagé à exterminer le jansénisme. Il était vertueux, il écoutait volontiers Bossuet et Le Tellier, les évêques modérés, et il avait favorisé de tout son pouvoir une publication très port-royaliste, les Réflexions morales du Père Quesnel ; il ne pouvait manquer de protéger dans la mesure du possible le monastère persécuté. Et de fait, il accueillit avec bonté les félicitations que lui adressa au nom du monastère l’abbesse, la tante de Racine, et sa réponse donna aux religieuses les plus grandes espérances. On les avait accusées en cour d’avoir contrevenu à la défense verbale de recevoir des novices ; il consentit à faire à Port-Royal une enquête officielle, et il rendit un témoignage authentique de leur innocence, de la pureté de leur foi et de leur éminente vertu. Néanmoins la défense ne fut point levée, et le monastère demeura condamné à disparaître bientôt, comme un feu qui s’éteint faute de