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CHAPITRE XV

Le merveilleux janséniste : miracles et convulsions. Mme Lafosse ; Sainte-Marguerite et Saint-Médard — Le diacre Paris ; Carré de Montgeron. — Jugement sur les convulsions.




On a vu dans la première partie de cette histoire ce qui s’est produit à Port-Royal au mois de mars 1656, alors que la persécution était d’une violence extrême et que l’on considérait la situation comme désespérée. La guérison soudaine et parfaite de la nièce de Pascal, guérison qui fut considérée par les médecins comme absolument inexplicable, et jugée miraculeuse par Pascal, par Racine et par beaucoup d’autres, sauva Port-Royal d’une ruine imminente. Les jansénistes de 1725 crurent qu’il en pourrait être de même, parce que le bras de Dieu ne s’était pas raccourci, et la guérison non moins soudaine de Mme Lafosse mit en éveil ceux qui espéraient des miracles. Ce qui se produisit alors sur la paroisse Sainte-Marguerite est en effet très extraordinaire. Anne Charlier, âgée pour lors de quarante-cinq ans, et femme du sieur Lafosse, ébéniste au faubourg Saint-Antoine, fut guérie instantanément, le 31 mai 1725, en se traînant derrière la procession de la Fête-Dieu, d’une perte de sang dont elle souffrait depuis vingt ans et qui l’avait réduite à l’extrémité. L’effet produit par cette guérison, comparable à celle de Marguerite Périer qui vivait encore[1],

  1. Elle est morte à Clermont en 1733, âgée de 87 ans.