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JOURNAL D’EDMOND GOT

« Ou répèle toujours le Lansquenet de M. Léon Laya, mais cela ne passera guère avant la fin du mois.

« Léon Gozlan lutte de coquetterie avec Buloz. On dit vaguement que son manuscrit fait les doux yeux à une prime ; et en attendant, Rachel répète de quinze en quinze jours le Vieux de la Montagne j que le grave Saint-YJjars a déjà décrassé deux fois de fond en comble.

« On a définitivement reçu le chef-d’œuvre d’Etienne Arago, Brindeau aidant, paraît-il (pourquoi Brindeau ?…), et, à corrections, trois actes de Liadières.

« Judith va débuter dans la Fille d’honneur ; ça sera drôle ; — tous ses amis y seront, ça sera plein.

« Anaïs est bien gentille. Je l’aime parce qu’elle me parle souvent de vous. Elle m’a chargé de vous dire que M. Musset de Talfred lui avait rendu la bague, la fameuse bague, la bague que vous savez.

« La belle Emilie joue toujours à l’Ambigu la Closerie des Genêts, avec le gros succès qu’ensemble, ô Titine, nous avions prédit après la première, puisque jamais Soulié ne l’aura mieux chaussée.

« Je me dispense de vous parler d’Adrien (1), car je me doute que le drôle fait ses propres commissions ; mais ce qu’il ne vous dit sûrement point, le drôle, c’est que nous disons de temps en temps pas mal de mal de vous à nous deux, le tout pour cicatriser ses blessures.

« Carré et Augier sont invisibles.

« Barbier ressemble toujours au choléra-morbus, et stationne dans les coulisses comme par le passé.

« Et moi, chère amie, je prends tout doucement le temps comme il vient, et le monde pour ce qu’il est, bête et banal comme un proverbe. Je vous regrette.

« Ed. Got. »

(1) M. Adrien Decourcolle.