Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/38

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plaindre de lui. Toute la Colonie demande leur mort, & il ne peut la refuſer ſans ſe compromettre.


BETZI.

Notre Gouverneur n’étoit point fait pour être un tyran.


AZOR.

Comme il eſt bon avec nous ! Tous les François ſont de même ; mais les Naturels du pays ſont bien plus cruels.


BETZI.

L’on m’a aſſuré que dans les premiers tems nous n’étions pas eſclaves.


AZOR.

Tout nous porte à le croire. Il y a encore des climats où les Nègres ſont libres.


BETZI.

Qu’ils ſont heureux !


AZOR.

Ah ! nous ſommes bien à plaindre.


BETZI.

Et perſonne ne prend notre défenſe ! On nous défend même de prier pour nos ſemblables.