Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/542

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ciel en réseau d’harmonie, et je condensais ma pensée sur ce gigantesque instrument. Elle était grande, infinie ; je ressentais en moi des sons, des mélodies, des échos d’un autre monde, des choses immenses qui mouraient aussi. Ô cloches ! vous sonnerez donc aussi sur ma mort, et une minute après pour un baptême ; vous êtes donc une dérision comme le reste et un mensonge comme la vie, dont vous annoncez toutes les phases : le baptême, le mariage, la mort. Pauvre airain, perdu et penché au milieu des airs, et qui servirait si bien en lave ardente sur un champ de bataille ou à ferrer les chevaux !





NOTE.


Les Mémoires d’un Fou parurent pour la première fois dans la Revue Blanche, du 15 décembre 1900 au 1er février 1901, puis chez Floury, éditeur, en un volume in-8°, tiré à 100 exemplaires.

Ces pages autobiographiques sont, avec la Correspondance, le document le plus fidèle pour l’étude de la jeunesse et de l’évolution des idées de Flaubert. L’aventure de Trouville, emplit sa vie de souvenirs les plus tendres, et Mme Arnoux de l’Éducation sentimentale n’est autre que Maria des Mémoires d’un Fou.