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sectes bourdonnaient dans les rayons du soleil. Les feuilles remuaient sous le souffle chaud des nuits d’été.
Tout était paix, calme et joie tranquille. C’est là que dans un oubli complet du monde, dans un égoïsme divin ils vivaient — inactifs, inutiles, heureux — Ainsi pendant que les hommes travaillaient, que la société vivait avec ses lois, avec son organisation multiple, tandis que les soldats se faisaient tuer, et que les intrigants s’agitaient, eux ils buvaient, ils dormaient. Accusez-les d’égoïsme, parlez de devoir, de morale, de dévouement. Dites encore une fois qu’on se doit au pays, à la société, rabâchez bien l’idée d’une œuvre
commune, chantez toujours cette magnifique trouvaille du plan de l’univers, vous n’empêcherez pas qu’il y ait des gens sages et des égoïstes qui ont plus de bon sens avec leur ignoble vice que vous autres avec vos sublimes vertus.
Ô hommes, vous qui marchez dans les villes, faites les révolutions, abattez les trônes, remuez le monde, et qui pour faire regarder vos petits fronts, faites bien de la poussière sur la route battue du genre humain, je vous demande un peu si votre bruit, vos chars de triomphe et vos fers, si vos machines et votre charlatanisme et vos vertus, si tout cela vaut une vie calme et tranquille où l’on ne casse rien que des bouteilles vides, où il n’y a d’autre fumée que celle d’une pipe, d’autre dégoût que celui d’avoir trop mangé.
Ainsi vivaient-ils et pendant que le sang coulait dans les guerres civiles, que le gouvernail de l’état était disputé entre des pirates et des ineptes et qu’il se brisait dans la tempête, pendant que les empires s’écroulaient, qu’on s’assassinait et qu’on vivait, qu’on faisait des livres sur la vertu et que l’État ne vivait que de vices splendides, qu’on donnait des prix de morale et qu’il n’y avait de beau que les grands crimes, le soleil pour eux faisait toujours mûrir leurs