Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/46

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Après un moment de silence, Hilarion reprend : la parole de Dieu, n’est-ce pas, nous est confirmée par les miracles ? Cependant les sorciers de Pharaon en faisaient ; d’autres imposteurs peuvent en faire ; on s’y trompe. Qu’est-ce donc qu’un miracle ? Un événement qui nous semble en dehors de la nature. Mais connaissons-nous toute sa puissance ? Et de ce qu’une chose ordinairement ne nous étonne pas, s’ensuit-il que nous la comprenions ?

Antoine.

Peu importe ! il faut croire l’écriture !

Hilarion.

Saint Paul, Origène et bien d’autres ne l’entendaient pas littéralement ; mais si on l’explique par des allégories, elle devient le partage d’un petit nombre et l’évidence de la vérité disparaît. Que faire ?

S’en remettre à l’église !

Hilarion.

Donc l’écriture est inutile ?

Antoine.

Non pas ! Quoique l’ancien testament, je l’avoue, ait... des obscurités... mais le nouveau resplendit d’une lumière pure.

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