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transférèrent sur cette rive et l’appelèrent Hautecombe, nom du lieu qu’ils venaient d’abandonner[1] »

L’histoire de beaucoup de monastères commence ainsi par une pieuse légende. De Montalembert en rapporte plusieurs dans son grand ouvrage sur les Moines d’Occident et ajoute : « La dignité de l’histoire n’a rien à perdre en s’arrêtant aux récits et aux pieuses croyances qu’ils entretenaient. Écrite par un chrétien et pour des chrétiens, l’histoire se mentirait à elle-même, si elle affectait de nier ou d’ignorer l’intervention surnaturelle de la Providence dans la vie des saints choisis par Dieu pour guider, pour consoler, pour édifier les peuples chrétiens. »

Où était situé cet ancien monastère ? Bien qu’aucun vestige n’en reste encore debout, il est facile d’en indiquer l’emplacement avec certitude et précision. Que le lecteur veuille bien nous y accompagner.

Laissons derrière nous l’abbaye actuelle, traversons le lac presque en ligne droite et rejoignons l’autre rive près de l’ancienne ruine de Salière, dont l’érection et la destination originaire sont entourées de mystères. Puis, gravissant la montagne, couverte de vignobles luxuriants, par un couloir souvent appelé à rouler des eaux torrentueuses et implacables, nous arriverons, après une petite heure de marche, au pied de la corniche de rocs nus qui bordaient l’horizon. C’est que nous sortons de la vallée du lac par

  1. Archives de Cour, Abbazie, paquet l. M Cibrario, dont la science historique regrette la perte récente, a publié ce document à la suite de sa Storia e descrizionedella Beate Badia di Santa Maria d’Altacomba,édition de luxe, 1843. — Il paraît remonter au xve siècle ; il est anonyme et a pour titre : De fondatione sancte religionis Ordinis Cisterciensis et gestis atiquibus Beati Roberti abbatis et de fundatione Altecumbe.