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de cette montagne. ils auraient construit quelques huttes ou cellules éparses. utilisé un ruisseau et une source d’eau vive. et pourvu ainsi aux premières nécessités de la vie. Le plateau de Paquinôt fut le centre de cette petite Thébaïde ; là s’élevaient l’oratoire commun, voisin du champ du repos, et probablement aussi l’habitation de l’abbé, entourée des bâtiments servant à l’usage de la communauté, tels que granges et celliers, où étaient retirés les produits du sol défriché chaque jour par les religieux. Ces constructions, d’après Delbene, remonteraient au moins à l’an 1109, et il en donne pour preuve l’existence de lettres écrites, cette même année, dans le promenoir du couvent, par Étienne Regius de Montfalcon[1].

Ces moines vécurent dans cette gorge ou Combe de Valpert pendant une trentaine d’années. Par suite de leurs vœux de pauvreté et d’obéissance, tout était en commun, soit dans leurs cellules soit dans le couvent, et ils obéissaient à un abbé. Cette manière de vivre n’était point, à proprement parler, celle des anachorètes de l’ancienne Égypte. Elle tenait de la vie hèrémitique l’isolement de la résidence. — et encore les premiers moines de Cessens demeuraient peut-être deux ou trois dans chaque cellule, comme leurs frères d’Aulps, —— et de la vie cénobitique, la réunion à certains moments dans une chapelle commune, la soumission au même supérieur. qui restait chargé de diriger les travaux et de veiller aux besoins spirituels et matériels de la communauté[2].

  1. Ces lettres nous donnent les noms des religieux d’alors : Haimerie, faisant fonction de prieur. Boson, Edituus, Pierre (ancien abbé) et Rodolphe de Cusy. Delbene, De origine familiæ cisterc. et alter., etc.
  2. M. Guizot, Histoire de la civilisation en France explique ces phases diverses du monachisme dans l’Orient.