Page:Hugo - Le Roi s amuse.djvu/337

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plus de villes que vous n’aviez de châteaux, et plus de duchés que vous n’aviez de baronnies ; si j’ai fait de vous le plus puissant gentilhomme de l’Italie, ce n’est pas une raison, monsieur, pour que vous laissiez votre peuple me railler, me publier et m’insulter ; pour que vous laissiez votre Ferrare montrer du doigt à toute l’Europe votre femme plus méprisée et plus bas placée que la servante des valets de vos palefreniers ; ce n’est pas une raison, dis—je, pour que vos sujets ne puissent me voir passer au milieu d’eux sans dire : — Ha ! cette femme !… — Or, je vous le déclare, monsieur, je veux que le crime d’aujourd’hui soit recherché et notablement puni, ou je m’en plaindrai au pape, je m’en plaindrai au Valentinois qui est à Forli avec quinze mille hommes de guerre ; et voyez maintenant si cela vaut la peine de vous lever de votre fauteuil !


Don Alphonse.

Madame, le crime dont vous vous plaignez m’est connu.


Dona Lucrezia.

Comment, monsieur ! le crime vous est connu, et le criminel n’est pas découvert !