Page:Hugo - Les Contemplations, Nelson, 1856.djvu/204
La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
XXX
MAGNITUDO PARVI
i
Le jour mourait ; j’étais près des mers, sur la grève.
Je tenais par la main ma fille, enfant qui rêve,
-
-
-
-
-
- Jeune esprit qui se tait.
- Jeune esprit qui se tait.
-
-
-
-
La terre, s’inclinant comme un vaisseau qui sombre,
En tournant dans l’espace allait plongeant dans l’ombre ;
-
-
-
-
-
- La pâle nuit montait.
- La pâle nuit montait.
-
-
-
-
La pâle nuit levait son front dans les nuées ;
Les choses s’effaçaient, blêmes, diminuées,
-
-
-
-
-
- Sans forme et sans couleur ;
- Sans forme et sans couleur ;
-
-
-
-
Quand il monte de l’ombre, il tombe de la cendre
On sentait à la fois la tristesse descendre
-
-
-
-
-
- Et monter la douleur.
- Et monter la douleur.
-
-
-
-
Ceux dont les yeux pensifs contemplent la nature
Voyaient l’urne d’en haut, vague rondeur obscure,
-
-
-
-
-
- Se pencher dans les cieux,
- Se pencher dans les cieux,
-
-
-
-
Et verser sur les monts, sur les campagnes blondes,
Et sur les flots confus pleins de rumeurs profondes,
-
-
-
-
-
- Le soir silencieux !
- Le soir silencieux !
-
-
-
-
Les nuages rampaient le long des promontoires ;
Mon âme, où se mêlaient ces ombres et ces gloires,
-
-
-
-
-
- Sentait confusément
-
-
-
-