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XIII


PAROLES SUR LA DUNE


Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau,

Que mes tâches sont terminées ;

Maintenant que voici que je touche au tombeau

Par les deuils et par les années,


Et qu’au fond de ce ciel que mon essor rêva,

Je vois fuir, vers l’ombre entraînées,

Comme le tourbillon du passé qui s’en va,

Tant de belles heures sonnées ;


Maintenant que je dis : — Un jour, nous triomphons ;

Le lendemain, tout est mensonge ! —

Je suis triste, et je marche au bord des flots profonds,

Courbé comme celui qui songe.


Je regarde, au-dessus du mont et du vallon,

Et des mers sans fin remuées,

S’envoler, sous le bec du vautour aquilon,

Toute la toison des nuées ;


J’entends le vent dans l’air, la mer sur le récif,

L’homme liant la gerbe mûre ;

J’écoute, et je confronte en mon esprit pensif

Ce qui parle à ce qui murmure ;


Et je reste parfois couché sans me lever

Sur l’herbe rare de la dune,

Jusqu’à l’heure où l’on voit apparaître et rêver

Les yeux sinistres de la lune.
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