Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome I (1891).djvu/27

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chent sur les embrasures. Entre les quatre murs du blockhaus démantelé, un âne errant, ou une chèvre au piquet, broute le gazon d’Espagne et le chardon bleu. Des enfants demi-nus rient. On voit dans les sentiers les jeux de mérelles qu’ils y tracent.

Le soir, le soleil couchant, radieusement horizontal, éclaire dans les chemins creux le lent retour des génisses s’attardant à mordre les haies à droite et à gauche, ce qui fait aboyer le chien. Les sauvages caps de l’ouest s’enfoncent en ondulant sous la mer ; quelques rares tamarins y frémissent. Au crépuscule, les murs cyclopéens, laissant passer le jour à travers leurs pierres, font au haut des collines de longues crêtes de guipure noire. Le bruit du vent écouté dans ces solitudes donne une sensation de lointain extraordinaire.

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