Page:James - Philosophie de l’expérience, trad. Le Brun et Paris, 1910.djvu/239

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
230
PHILOSOPHIE DE L’EXPÉRIENCE

logiquement tiré de Kant, ce n’est pas de son Dieu qu’il vient, mais d’éléments entièrement différents de sa philosophie. C’est d’abord de cette idée kantienne qu’il faut pouvoir, par n’importe quelle expérience, déterminer un ensemble total de conditions qui soit lui-même inconditionnel ; et c’est ensuite de cette autre idée kantienne que la présence d’un, certain « témoin », d’un sujet, pour qui des aperceptions soient possibles, est la plus universelle de toutes ces conditions.

Les philosophes post-kantiens font de celte dernière condition ce qu’ils appellent un Moi universel et concret, un sujet en qui s’individualise l’expérience totale ou la conscience de l’univers ; un sujet rationnellement constitué de telle manière que toutes les autres conditions réunies s’y trouvent nécessairement impliquées chacune ; un sujet tel enfin que, par lui, toutes les perceptions résultant de ces conditions ne manqueront pas de se réaliser chacune pour son propre compte.

Présenter de cette façon sommaire, nécessairement insuffisante, les opinions d’autrui, c’est toujours leur faire tort ; mais, dans l’espèce, ceux d’entre vous à qui est familière la littérature de la question, me comprendront immédiatement : et, quant aux autres, s’il y en avait ici, voici maintenant tout ce qu’ils ont à retenir de ce pédantesque et laborieux exposé.