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JEAN-PAUL

trouver chez ses égaux aussi fort que chez lui. L’onfant, procédant de lui-même, conclut quo tout est libre, môme la matière inanimée, et il s’irrite de toute résistance, comme si elle était consciente. Le chien mord-la pierre qui lui fait obstacle, l’enfant frappe l’un et l’autre, lo sauvage voit dans l’orage une guerre, allumée et conduite par des esprits. L’enfant voit dans tout événement une action, dans tout obstacle un ennemi. Et l’homme ne reconnaît-Il pas, à travers toute une vie, la puissance inflexible de la nature, sans toutefois s’y soumettre sans plainte quand elle termine irrévocablement cette vie ? Pourquoi los consé quences physiques sont-elles un moyen d’éducation, si ce n’est à causé do la constance do la nature ? Que le— libre arbitre paraisse donc à l’onfant aussi logique ot constant ! Alors, il conçoit une plus haute nécessité que la.force aveugle. Aucune n’exerce à la patience autant quo la nécessité morale do là volonté d’autrui. El comment naîtrait dans l’enfant la foi à l’homme, co glorieux signe do l’alliance entre l’unité do l’hommo et une unité plus haute, si ses parents ne lui faisaient entendra, clos parolos qu’il puisse croire ?

§ 59.

Ne vous plaisez pas à trop ordonner et défendre, mais laissozagir librement l’enfant. Les parents qui commandent fréquemment, songent plus h eux qu’au bien de leur enfant.

Que voire parole soit pour l’onfant un lien indissoluble ; mais qu’elle ne le soit pas pour vous ; vous n’avez pas besoin de rendre dos edkla perpétua, imite votre puissance législative peut chaque jour faire de nouvelles décrétales. Défondez plus rarement par l’action quo pur la parole, N’arrachez pas à l’onfant le couteau, mais laissez-le-lui déposer ; dans le premier eus il obéit à une pression étrangère, dans le second, à soii propre mouvement.