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Bareau de Girac, sœur de Mgr de Girac, évêque de Rennes au moment de la Révolution de 1789.

Un siècle, rempli par le gouvernement de ces quatre dernières abbesses que je viens de nommer, sépare donc seul la grande réformatrice et restauratrice de Saint-Georges, Magdelaine de la Fayette, de la catastrophe sociale qui mit fin à l’histoire et à l’existence de l’abbaye.

On peut du moins le rappeler ici : le dernier éclat et les suprêmes retentissements qu’ont laissés dans nos annales la réputation et l’attitude ferme et courageuse des bénédictines de Saint-Georges, en présence de la persécution révolutionnaire, sont purs et à l’abri de tout reproche.

La dernière abbesse, Julie Bareau de Girac, survécut à la destruction de sa communauté. La force seule put les obliger, elle et ses compagnes, à abandonner leur monastère.

Aucune de ses sœurs ne donna le scandale de renoncer aux engagements contractés librement devant Dieu. Dispersées par la tempête, vivants débris de la vieille abbaye bénédictine, les dernières religieuses de Saint-Georges, rentrées malgré elles dans la vie séculière, se sont éteintes, tristes et résignées à la volonté divine, loin de l’asile qu’avait choisi leur jeunesse, et qu’elles avaient espéré ne quitter jamais. Une seule d’entre elles périt sur l’échafaud pendant la Terreur : c’est Mme Jeanne Nouel de la Villehulin, qui fut guillotinée à Saint-Brieuc vers la fin de 1794 ; elle avait 37 ans. Mme de Girac était morte à Rennes, le 19 janvier 1794, finissant à 60 ans, dans l’obscurité d’un refuge précaire, ses jours abreuvés d’épreuves héroïquement supportées.

Lorsque le pouvoir révolutionnaire qui, de Paris, tyrannisait toute la France, lança ses décrets de dissolution et de spoliation des communautés religieuses, la situation de l’abbaye de Saint-Georges était encore relativement prospère.

Plusieurs déclarations, fournies depuis 1706 jusqu’à 1774 à