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CH — 480 - CH • son nom. » (Faucb. des Orig. liv. I, p. 91 ; voy. Rab. T. î, p. 147, et le Dict. de Colgrave.) VARIANTES (I) : CHICHE. Orth. subsistante. Chique. Fanch. Orig. Uv. I, p. 91. CiCES. Oudin et Rob. Est. Chiche-face, locution. Avare. — Squelette. — Fantôme. — Poupée. Voy. sur le premier sens d’avare, Oud. Cur. Fr. et le Dict. de Cotgrave. La Noue, parlant d’un soldat trop avare de son san^, et qui ménage sa vie, dit • qu’onrestimeunef/iîc/i^/a(î^(’2). >» (Disc. Polit, et Miiit. p. 358.). On joint ordinairement à Tidée d*avarice, celle de maigreur. De là, ehicheface s’est dit d’une per- sonne maigre et décharnée, dans le. sens où nous disons squelette. Selon Pline, « les gens gras sont ^ de lourd esprit, mais aussi, ils sont plus apperls « (ouverts, francs) el moins simulez que les chiche- «* faces, el chie IVoitlure de mingrelius, etc. » (Bouch. Serées, livre 111, p 52. — Voyez Dictionn. d’Oudin.) On pourroit expliquer de même le titre d’un fabliau ms. du roi, inlitulé chyticht^ fâche. On y lit : • Laide estoit^ de cors, et de fâche : L’en Tapeloit la chinchc’facfie. Fabl. MSS. du R. n* 7218. fol. 923. On appeloit aussi cliiche face, une espèce de fan- tôme décharné, dont on raisoit peur aux petits enfans. (Oudin, Dict. esp. fr. au mot Hotnia,) Dans son Dict. Fr. liai. , il explique ce mot par certo animal finto. C’étoit une sorte de symbole de la gloutonnerie et de l’avarice (3). On vendoit autrefois au Palais des espèces de figures ou poupées longues et sans corps. Co- quillart les a designées par le mot chiches faces, lorsqu’il dit, dans un sens ironique: Nourrices aux grandes pendasses, Gros sain ouvers remplis de laictz, Sont pensues comme chiches facf*8 Ç Qu’on vent tous les jours au Falays. Coquillart, p. 13. VARIANTES ! CHICHEFACE. J. Marot, p. 2t). - Coqnill. p. 112. Ghincub-pache. Fabi. MSS. du R. n« 7218, foi. 223. ChYNCIIE FACHE. Ibld. Chichemallle, subst. masc. Avare. (Dictionn. d’Oudin et de Cotgrave.) Chichement, adv. Rarement. Cotgrave, Oudin et Rob. Estienne Texpliquent dans le sens subsis- tant. On ne remploie plus au figuré, pour raremeU. Cliarîon, parlant des princes, ajoute : •• qn’îl faut < qu*ils se feignent souvent, non seulement en « guerre, aux estrangers et ennemis ; mais encores « en paix, et à leurs subjccts, combien que plus « chichement. • (Sag. de Charron, p. 400.) Ghicheron, subst. m. Le bon t de la mamelle (ô). Sur- vos tetins flétris, les chicherons tous noirs Représentent les bouts de deux vieux entonnoirs. Des Accords. Bigarr u re s , fol. 139. C:;hlchesse, subst. fém. Avarice. (Oudin, Cotgr. et Rob. Estienne. — Voy. Epilh. de M. de la Porte.) Les dames en privaulté (particuUèreaient) Ayment bagues, habis, richesse. Et ont en hayne la chichetse. chasse et départie d’Arnoors . p. 128. col. 2. Oudin disoit le diable soit chicheté, pour faisons bonne chère. (Oud. Cur. fr.) VAniANTES : GHICHESSE. Chasse et départ, d’amours, p. 128, col. i. Chicheté. CoquiU. p. 12 (6). — Arr. Amor. p. 411. Chicot, suhst. masc. Vétilleur, mauvais plai- sant. 11 semble que ce soit le sens de ce mot, employé figurément, dans le passage suivant : ^ Sa « cour estoit pleine de bons esprits, et de gens de « sçavoir, au lieu de fols, de chicots, de flatteurs, « et d’harlequins. » (Div. lec. de Du Verd. p. 487. — oy. ci-après Chicoter.) l^hicoter, verbe. Vétiller. Contester sur des choses de peu de conséquence. (Oudin, Monet, Dict.) Proprement découper en petits morceaux; de chicot, pris dans Tacception propre et subsistante. « Ce ne sera jamais fait, qui ondrà chiquoter tous « les mois, ce que Ciceron anpelle verha aucupari. * (Des Ace. Bigar., Les entenas- trois, fol. 40.) VARIANTES : CHICOTER. Monet, Oud. Dict. Chiquoter. Des Ace. Bigar. fol. 40, V«. jChl^ iieté, adj. Déchiqueté, découpé (7). Pro- premeiil mis en chicots, en pièces : On verra bien par fringuerie Porter maintz nabilz chicquetei. CoquiUvi, p. 16. VARIANTES I CHICQUETÉ. CoquiUart, p. 16. Chiqueté. Mém. du Bell. T. VI, p. 295.

(1) Aux Rois (xii* siècle, 1B5), fiixiim cicer est ainsi rendu : « E fèves e lentUles et ceire quite. » (N. B.) (2) « Celui, qui pour espargner, f^it le retenu, on Testime un ehicheface. » (N. B.) (3) On lit au M ystère de S»« Geneviève (xv« siècle) : « Gardez vous de la chiche-facc ; Il vous mordra s’il vous rencontre. (N . K.) (4) Dans son Lnquôte entre la simple et la rusée, il écrit encore : « Laurence, la grant chiche face. » (n. k.) (5^ Dérivé de <*i(Nv’ cic^ris. (a. E.) (6) On Ut dans lesWoits Nouveaux de Coauillart : c Son mari est si fort donné A chicheté et avarice, Qu*il est du tout délibéré Ne lui quérir point do nourrisse. » Commines (II, 9) écrit aussi : c S’en mocquoient et disoient que c’estoit por chicheté. » (N. E.) (7) Le picard emploie encore chiketer au sens de couper par petits morceaux. La racine est chiqttet, diminutif de chùjue, our chiche. (N. e.)

Niort. — Typographie de L. Favre.