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Qui, pour prix de mes vœux, pour fruit de mes travaux,
Me ferme son logis, et l’ouvre à mes rivaux !
Non, non, j’ay trop de cœur pour souffrir cette injure ;
Que Thaïs à son tour me presse et me conjure,
Se serve des appas d’un œil tousjours vainqueur,
M’ouvre, non-seulement son logis, mais son cœur,
J’aymerois mieux mourir qu’y rentrer de ma vie ;
D’assez d’autres beautez Athenes est remplie :
De ce pas à Thaïs va le faire sçavoir,
Et luy dy de ma part.
Adieu, jusqu’au revoir.
Non, non, dy-luy plustost adieu pour cent années.
Peut-estre pour cent ans prenez-vous cent journées,
Peut-estre pour cent jours prenez-vous cent momens,
Car c’est souvent ainsi que content les Amans.
Je sçauray desormais conter d’une autre sorte.
Pour s’esteindre si-tost vostre flamme est trop forte.
Un si juste dépit peut l’esteindre en un jour.
Plus ce dépit est grand, plus il marque d’amour.
Croyez-moy, j’ay de l’âge et quelque experience ;
Vous l’irez tantost voir, remply d’impatience ;
L’amour l’emportera sur cét affront receu ;
Et ce puissant dépit, que vous avez conceu,
S’effacera d’abord par la moindre des larmes
Que d’un œil quasi sec, mais d’un œil plein de charmes,
En pressant sa paupière, elle fera sortir,