Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 4.djvu/129

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APOLLON.

Acante et sa maistresse.

MELPOMENE.

Sire, il faudroit avoir pour cela plus d’adresse. Rendre Acante plaisant ! C’est un trop grand dessein.

APOLLON.

Il est fou ; c’est déja la moitié du chemin.

THALIE.

Mais il est dans l'excès.

APOLLON.

Tant mieux; i’en suis fort aise, Nous le demandohs tel: je ne vois rien qui plaise, En matiere d’Amour, comme les gens outrez. Mille exemples pourroient vous en estre montrez.

MELPOMENE.

Nous obeïssons donc. Tu te souviens, Thalie,
D’un matin où Climene, en son lit endormie,
_Fut, au bruit d’un so6pir veitte en sursaut,
;t se mit contre Acante’en colere aussi-tost
Sans le voir croyant roesroe avoir ferm la porte.
Mais qui pouvoit, que luy, sofipirer de ta sorte 
Vrayment vous I’entendez, avec’que vos helas, ’
Dit la Belle; apprenez/t sofipirer plus bas.
II eut beau s’excuser sur l’ardeur de son zele.
Une forge feroit molns de bruit, reprit-elle,
.u.e vostre ceur. n’en fait: ce sont tous ses plaisirs.
?t le tourne le. p. ted,.matiere de so6pirs. -
o.e. ne y.ous rots lamais qu’en un chagrin extreme:
C’est ben pour re’obliger & vous aimer de mesrae.

ACANTE.

Je ne le prtens pas.

CLIMENE.

Seyez-vous sur ce lit.

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