Page:Laprade - Œuvres poétiques, Psyché, Lemerre.djvu/187

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



ÉPODE III.


Il touche au port ; en lui la paix et l’abondance.
De l’antique âge d’or le charme est revenu.
Sur le pont égayé par le chant et la danse,
Chaque homme participe au trésor inconnu.
Des ailes tout à coup s’ouvrent avec tes voiles,
Ô navire ! à la mer adressant tes adieux,
Tu vas, là-haut, briller au milieu des étoiles,
Et tous tes matelots passent au rang des dieux.

1843


V

SUNIUM


Sagesse des vieux jours, vierge mélodieuse.
Muse vêtue encor de la pourpre du ciel.
Manne que distillait une bouche pieuse,
Science des enfants, faite d’ambre et de miel !

La lumière et l’amour ruisselaient, ô déesse,
Sur ta chaste poitrine en un même ruisseau,
Et l’homme entre tes bras buvait avec ivresse
Le breuvage du vrai dans la coupe du beau.

Nul livre n’abaissait ta main droite étendue ;
Le passé, dans tes chants, racontait l’avenir,