Page:Laveleye - Les Nibelungen.djvu/21

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Aussi longtemps que Sigemunt et Sigelint vécurent l’un et l’autre, leur enfant, si cher à tous deux, refusa de porter la couronne ; mais il voulait être le maître, ce guerrier brave et hardi, pour repousser tous les dangers qui pouvaient menacer le pays.

Nul n’osait l’insulter. Depuis qu’il prit les armes, il ne se reposa guère, cet illustre héros. Il ne se plaisait que dans les combats, et la puissance de son bras le fit connaître dans les royaumes étrangers.





III. COMMENT SIEGFRID VINT À WORMS


Aucune souffrance d’amour n’agitait le jeune chef. Il entendit conter qu’il y avait en Burgondie une belle vierge, faite à souhait, par qui il éprouva depuis bien des joies et bien des calamités.

Sa beauté extraordinaire était connue au loin et aussi les sentiments altiers que plus d’un héros avait rencontrés chez la jeune fille. Cela attirait beaucoup d’hôtes du pays de Gunther.

Quoiqu’on en vît un grand nombre sollicitant son amour, Kriemhilt ne pouvait se résoudre dans son cœur à choisir l’un d’eux pour ami. Il lui était encore inconnu celui à qui elle fut soumise depuis.

Il songea à ce haut amour, le fils de Sigelint. Devant la sienne, les poursuites des autres n’étaient que du vent ; il était bien digne d’obtenir l’affection d’une belle femme. Depuis lors, la noble Kriemhilt devint l’épouse du hardi Siegfrid.

Comme ses parents et ses hommes lui conseillaient,