Page:Laveleye - Les Nibelungen.djvu/69

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Siegfrid répondit : — « Cela m’est bien connu : ce sont les Burgs, les terres et le fort d’Isenstein ; c’est moi qui vous l’affirme. Vous pourrez y voir, aujourd’hui même, beaucoup de belles femmes.

« Je vous conseille, ô guerriers, de ne vous point contredire et d’affirmer les mêmes choses : voilà ce qui me parait bon. Si nous paraissons encore aujourd’hui devant Brunhilt, nous devons nous tenir sur nos gardes devant la reine.

« Quand nous verrons la femme digne d’amour avec sa suite, vous, héros, accordez-vous tous pour faire le même récit : que Gunther soit mon seigneur et moi son homme-lige, et tout ce qu’il désire s’accomplira.

« Je m’aventure si loin, non pour satisfaire tes désirs, mais pour Kriemhilt, la belle vierge. Elle est comme mon âme et comme mon propre corps, et j’accomplirai tout ceci afin qu’elle devienne ma femme. »

Ils étaient prêts à exécuter tout ce qu’il leur fit promettre : aucun n’y manqua par orgueil. Ils parlèrent comme il le voulait. Cela leur réussit bien, lorsque le roi Gunther parut devant Brunhilt.






VII. COMMENT GUNTHER CONQUIT BRUNHILT


Pendant ce temps, la barque s’était approchée si près du Burg, que le roi put voir en haut, aux fenêtres, de belles vierges. Il regrettait vivement de ne point les connaître.

Il demanda à Siegfrid, son compagnon : — « Sais-tu quelque chose touchant ces jeunes filles qui, de là-haut, nous