Page:Le Parnasse contemporain, II.djvu/189

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Toute âme est le champ clos d’une bataille noire
Sans trêve ni merci, sans soleil ni flambeau.
Chaque illusion morte y trouve son tombeau
Et dans sa chute entraîne au néant sa mémoire.

Ainsi fiers seulement du devoir accompli,
Tristes cercueils où dort l’amour enseveli
Près des élans fougueux & des grandes pensées,

Nous traînons le fardeau de nos forces lassées ;
Et, nous nous survivons dans cet immense oubli,
Sentant s’ouvrir le ciel sur nos têtes baissées.




LA COMBE


En vain elle s’est dit que la campagne est belle.
Sainte-Beuve.


Non, plus pour aujourd’hui, plus de grandes pensées,
De saintes questions à la hâte embrassées,
D’énergiques efforts, d’élans fiers & hardis.
Mon esprit est lassé, mes doigts sont engourdis.
L’automne est la saison des rêves, nous y sommes,
Elle parle ; rêvons, & laissons là les hommes,
Leur bruit & leur destin. Prenons à notre choix
L’un des sentiers fleuris qui mènent dans les bois.
Les colchiques aux prés, les bruyères aux pentes
Ont semé leurs bouquets sur les mousses rampantes.

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