Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/409

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MAURICE TALMEYR

LETTRE POSTHUME

L’infini m’a prise, ami, je suis morte ;
Je lègue mon ombre à tes bras déserts…
D’autres s’en iront frapper à ta porte ;
J’ai, comme un oiseau, pris la clef des airs.

Nos âmes, toujours, ne sont pas fidèles ;
J’avais le pied rose et l’œil andaloux,
J’ignorais que Dieu m’eût donné des ailes,
Tu ne l’as pas vu, tu n’es pas jaloux.

Personne, méchant, n’a baisé ma bière.
Le portier survint qui m’ensevelit…
Dormir seule, hélas ! même au cimetière !
J’étais belle encor dans mon dernier lit.

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