Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/263

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
239
DOVALLE.


J’aime à glisser, aux rayons d’une étoile,
Entre les cils qui bordent ses doux yeux ;
J’aime à jouer dans les plis de son voile
             Et dans ses longs cheveux.

Sur son beau sein quand son bouquet s’effeuille,
Quand à la tige elle arrache un bouton,
J’aime surtout à voler une feuille
             Pour y tracer mon nom.

Oh ! respectez mes jeux et ma faiblesse,
Vous qui savez le secret de mon cœur !
Oh ! laissez-moi, pour unique richesse,
             De l’eau dans une fleur ;

L’air frais du soir ; au bois, une humble couche ;
Un arbre vert pour me garder du jour...
Le sylphe après ne voudra qu’une bouche,
             Pour y mourir d’amour !


______



PREMIER DÉSIR




Une femme ! jamais une bouche de femme
N’a soufflé sur mon front, ne m’a baisé d’amour.
Je n’ai jamais senti, sous deux lèvres de flamme,
Mes deux yeux se fermer et s’ouvrir tour à tour ;
Et jamais un bras nu, jamais deux mains croisées,
Comme un double lien, autour de moi passées,
N’ont attiré mon corps vers un bien inconnu.
Jamais un œil de femme au mien n’a répondu.
Une femme ! une femme ! oh ! qui pourra me dire