Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/34

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LEGOUVÉ


1764 - 1812




Gabriel-Marie-Jean-Baptiste Legouvé, né à Paris, composa, outre des tragédies, de petits poèmes « où le charme du style, dit M. Legentil, se joint à une imagination gracieuse et mélancolique : » La Sépulture, Les Souvenirs, La Mélancolie (1798), Le Mérite des Femmes (1801). On ne lit plus guère ce poème, mais chacun en connaît le dernier vers.

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FRAGMENT




Mille étoiles au loin rayonnent sur nos têtes :
Il en est dont le cours amène les tempêtes ;
Mais, quoique leur aspect présage des malheurs,
Trouvons-nous moins d’éclat à leurs brillantes sœurs,
Qui viennent, de la nuit perçant les voiles sombres,
Consoler nos regards du vaste deuil des ombres ?
Des fleurs ornent nos champs ; mais pour les trahisons
Si plus d’une à la haine offre de noirs poisons,
En admirons-nous moins celles qui sur leur tige
D’innocentes couleurs étalent le prestige,