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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.



Si jamais ta tête qui penche
        Devient blanche,
Ce sera comme l’amandier,
        Cher Nodier :

Ce qui le blanchit n’est pas l’âge,
        Ni l’orage ;
C’est la fraîche rosée en pleurs
        Dans les fleurs.


______


LE BUISSON


        Sil est un buisson quelque part
Bordé de blancs fraisiers ou de noires prunelles,
Ou de l’œil de la Vierge aux riantes prunelles,
Dans le creux des fossés, à l’abri d’un rempart !...

        Ah ! si son ombre printanière
Couvrait avec amour la pente d’un ruisseau,
Dun ruisseau qui bondit sans souci de son eau,
Et qui va réjouir l’espoir de la meunière !...

        Si la liane aux blancs cornets
Y roulait en nœuds verts sur la branche embellie !
S’il protégeait au loin le muguet, l’ancolie,
Dont les filles des champs couronnent leurs bonnets !

        Si ce buisson, nid de l’abeille,
Attirait quelque jour une vierge aux yeux doux,
Qui viendrait en dansant, et sans penser à nous,
De boutons demi-clos enrichir sa corbeille !...