Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/169

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d’abord que c’étoit quelqu’un qui avoit fait naufrage comme moi. Je m’approchai de lui, je le saluai, et il me fit seulement une inclination de tête. Je lui demandai ce qu’il faisoit là ; mais au lieu de me répondre, il me fit signe de le charger sur mes épaules, et de le passer au-delà du ruisseau, en me faisant comprendre que c’étoit pour aller cueillir des fruits.

» Je crus qu’il avoit besoin que je lui rendisse service ; c’est pourquoi, l’ayant chargé sur mon dos, je passai le ruisseau. « Descendez, lui dis-je alors, en me baissant pour faciliter sa descente. » Mais au lieu de se laisser aller à terre (j’en ris encore toutes les fois que j’y pense), ce vieillard qui m’avoit paru décrépit, passa légèrement autour de mon col ses deux jambes, dont je vis que la peau ressembloit à celle d’une vache, et se mit à califourchon sur mes épaules en me serrant si fortement la gorge, qu’il sembloit vouloir m’étrangler. La frayeur me saisit en ce moment, et je tombai évanoui…

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