Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/44

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me parler. J’ordonnai qu’on la fît entrer. C’étoit une personne fort avancée en âge. Elle me salua en baisant la terre, et me dit en demeurant sur ses genoux: « Ma bonne dame, je vous supplie d’excuser la liberté que je prends de vous venir importuner : la confiance que j’ai en votre charité, me donne cette hardiesse. Je vous dirai, mon honorable dame, que j’ai une fille orpheline qui doit se marier aujourd’hui, qu’elle et moi sommes étrangères, et que nous n’avons pas la moindre connoissance en cette ville. Cela nous donne de la confusion ; car nous voudrions faire connoître à la famille nombreuse avec laquelle nous allons faire alliance, que nous ne sommes pas des inconnues, et que nous avons quelque crédit. C’est pourquoi, ma charitable dame, si vous avez pour agréable d’honorer ces noces de votre présence, nous vous aurons d’autant plus d’obligation, que les dames de notre pays connoîtront que nous ne sommes pas regardées ici comme des misérables, quand elles apprendront qu’une personne de

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