Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, II.djvu/499

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core que sa Majesté, en l’obligeant à manquer à sa maîtresse, l’exposoit à sa colère. « Non, non, repartit-il, je vous promets qu’elle ne vous en fera aucun reproche. Ouvrez seulement, et ne me faites pas attendre plus long-temps. »

» Il fallut obéir ; et je sentis alors de si vives alarmes, que j’en frémis encore toutes les fois que j’y pense. Le calife s’assit, et la favorite fit porter devant lui tous les coffres l’un après l’autre, et les ouvrit. Pour tirer les choses en longueur, elle lui faisoit remarquer toutes les beautés de chaque étoffe en particulier. Elle vouloit mettre sa patience à bout ; mais elle n’y réussit pas. Comme elle n’étoit pas moins intéressée que moi à ne pas ouvrir le coffre où j’étois, elle ne s’empressoit point à le faire apporter, et il ne restoit plus que celui-là à visiter : « Achevons, dit le calife, voyons encore ce qu’il y a dans ce coffre. » Je ne puis dire si j’étois vif ou mort en ce moment ; mais je ne croyois pas échapper à un si grand danger…

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