Page:Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes, Nisard.djvu/516

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée

poitrine couverte de blessures, qui jadis orna res palais de casques et de chars guerriers, qui lit son étude du soulagement des hommes, qui pratiqua lajustice, et ne connut ni la crainte ni la cupidité ; ou pour quelque ministre des dieux, portant la robe sans tache et les bandelettes sa- crées. Tous ont pour guide le petit-fils d’Atlas, aux talons ailés, qui brandit devant eux une torche enflammée. La clarté illumine au loin la route ténébreuse, jusqu’à ce qu’enfin ils arri- vent dansées délicieuses retraites, dans ces bo- cages et ces campagnes où brille toujours le so- leil, où le printemps dure toute l’année, où les danses, les chants et la poésie ne laissent plus à former un seul désir aux pieux habitants de ce séjour. C’est dans ces demeures éternelles que Créthée conduit son fils et sa bru. Il leur montre, à gauche, la vaste porte par où doit sortir le châtiment qui attend Pélias. Ici, le bruit im- mense, la foule qui se précipite, les honneurs que les juges des enfers décernent à la vertu, tout excite leur admiration.


LIVRE II.

Cependant Jason, ignorant ces forfaits et ces scènes de deuil, poursuivait sa route. Junon voulait que les malheurs de sa famille lui restassent inconnus, de peur qu’impatient d’en châtier Pélias, il ne revînt sur ses pas, ne renversât témérairement l’ordre des destinées, et n’abandonnât une entreprise agréable aux dieux. Déjà la cime des forêts du mont Pélion, et le temple de Diane Tiséenne à gauche, s’abaissent au niveau de la mer ; déjà Sciathos a presque disparu et Sépias fuit à l’horizon, : la Magnésie se découvre, ses pâturages, ses coursiers, le tombeau de Dolops, et l’embouchure de l’Amyros au cours sinueux. Là, repoussés par un vent de terre, les Argonautes plient leurs voiles et font force de rames. Ils saluent, en passant, Eurymène ; puis, emportés par le vent du midi, rega- gnent la pleine mer. Ossa se perd une seconde fois dans lus nues. Mais voici l’effroi des dieux, Pallène, séjour maudit depuis la guerre des Géants ; voici ces monstrueux fils de la Terre qui jadis ont combattu le ciel, dont une mère affligée recouvrit les cadavres de poutres, de quartiers de rocs, et dont elle forma ces montagnes qui se dressent toujours vers leur ancien ennemi. Chaque rocher respire encore la menace, la terreur et les combats ; ils sont tous incessamment déchirés par les orages et sillonnés par la foudre. Pourtant sous ces rochers ne gît pas le plus grand, le plus horrible des Géants, Typhée ; la terre de Sicile pèse sur ses débris. 11 fuyait, dit-on, vomissant la foudre qui l’avait frappé, quand Neptune l’entraîna par les cheveux et le précipita dans les flots. C’est en vain qu’il relève sa main ensanglantée, qu’il bat l’onde de ses pieds de reptile ; le dieu le pousse vers le détroit sicilien, et entasse sur lui l’Etna avec des villes entières. Depuis lors, le monstre fait jaillir dans les airs les fondements enflammés de la montagne ; et, comme lui, toute la Sicile est hale-


Ast aliam tentare nefas, et tendere contra : 835 Raraet sponte palet, si quando pectore ductor Vulnera nota gerens, saleis praefixa rotisque Cui domus, aut studiuni modules pellere curas, C’ulta lides, longe metus atque ignota cupido ; Son venit in vittis, castaqne in veste sacerdos. 840 Qnos omnes lenis plantis, el lampada quassans Progenies Atlantis agit : lucet via late Igné dri ; donecsilvas et amœna piorum Deveniant, camposque, ubi sol, totumquc per annum Durât aprica dies, Ibiasique, chorique virorum, 843 Carminaque, et quorum populis jam nulla cupido. lias pater in sedes œternaque mcenia natum, lnducitque nuruni : tum porta quanta sinislra Pœna, docet, maneat Pelian ; quo limine, monstrat. Mirantar tantos strepitus, turbamque ruenteni, 8 : >0 Et loca, et infernos almae virtutis honore*. LIBER 11. Interea scelerum luctusque ignarus Iason Alla secat ; neque enim patrios cognoscere casus Juno sinit, mediis ardens ne flectat ab nndis, Ac temere in Pelian el adliuc obstantia régis Fata ruât, placitosquc deis ne deserat actus. J Jamque frelis summas.eqnatum Pelion ornos Templaqne Tisaw mergnnt obliqua Diana ». Jam Sciathos subsedit aquis, jam longa recessit Sepias ; attollit tondentes pabnla Magnes Campus equos ; vidisse pillant Dolopeia busta, tO Intrautenique Amyron curvas quaesita per oras ,’Equora, llumineo cujus redeuntia venlo Vêla legunt ; remis insurgitar : inde salutant Eury menas ; recipit velumque fretumque reversus Austcr, et in nubem, Minyis repetenlibus altum, 15 Ossa redit. Metus ecce deura, damnalaque bello Pallene ; circumque vident immania monstra Terrigenum cœlo quondam adversata giganlum, Quos scopulis, trabibusque, païens misera ta, jugisque Induit, et versos exstruxit in ajlhera montes. 20 Quisque suas in rupe minas, pugnamque, metusque Serval adliuc ; quatit ipse liiemes et torquet ab alto Fulmina crebra pater : scopulis sed maximus illis llorror abesl, sicula pressns tellure, Typhoeus. Ilunc profugum et sacras revomentem pectore (laminas, ? ; > Ut memorant, prensnm ipse comis Neptllnùs in altnni Abstulit, implicuitque vadis : lotiesque crueota Mole resurgentem, torquentemque anguibus undas Sicanium dédit usque fretum, cumque urbibus iElnam Intulit, ora premens ; trux ille ejecial adesi 30 Fuiidanienla jugi ; paiïter tune omnis anbelat | Tiinaciïa, injectant fesso dum pectore molem