Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/113

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LE MEUNIER ET SON SEIGNEUR.
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CONTE PLAISANT.
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TRADUCTION LITTÉRALE.
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Il y avait quatre ans qu’il n’avait pas payé sa Saint-Michel à son seigneur. II était pauvre assez ! — un jour le seigneur retournant de la chasse et de mauvaise humeur, parce qu’il n’avait rien pris, tira sur la vache du meunier, qu’il trouva dans son chemin, et la tua. La femme du meunier vit le coup, et elle accourut à la maison en criant avec douleur : — Hélas ! hélas ! nous sommes assez affligés (ruinés) pour le coup ! Voilà notre vache tuée par le seigneur ! —

— Le meunier ne dit rien ; mais il était en colère néanmoins. Durant la nuit, il écorcha sa vache, et il alla ensuite vendre la peau à Guingamp. — Comme il avait loin à aller et qu’il voulait être de bon matin en ville, il partit de la maison vers minuit. Arrivé à passer par un bois où, selon le bruit commun, il y avait de grands voleurs, il lui vint peur, et il grimpa sur un arbre, pour attendre le jour.

Bientôt une bande de voleurs arrivèrent sous cet arbre, pour partager leur argent. Et voilà de la chicanerie et du bruit ; ils ne pouvaient pas s’entendre.