Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/89

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Et ils s’assirent pour attendre. — La servante posa alors deux trépieds sur le foyer et fit du feu dessous. Puis elle prit le baquet où était la pâte à crêpes, pour l’approcher du foyer. Mais voilà que le baquet se défonce et tout le contenu se répand par terre ! — Et la servante de s’exclamer ! et la maîtresse de gronder !

— Maintenant, seigneurs, dit-elle, vous pouvez aller ailleurs chercher des crêpes, car pour ici il n’y aura pas de crêpes aujourdhui !

— Si ! si ! grâce à Dieu, dit notre Sauveur. Et du bout de son bâton il toucha le baquet, qui s’en était allé en éclats ; et aussitôt le voilà entier de nouveau, avec la pâte dedans, au grand étonnement de tous ceux qui étaient là ! — Et on fit des crêpes, et ils en mangèrent, puis se remirent en route. Mais, avant de partir, notre Sauveur dit à la servante : — Et rappelez-vous, ma fille, qu’il est toujours bon de dire : — Si c’est la volonté de Dieu !


Conté par Marguerite Philippe, de la commune de Pluzunet, au mois de juin 1869.