Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/129

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On retira alors la bouteille du fumier, et l’on vit dedans un petit homme, qui la remplissait déjà, et qui ressemblait au docteur Coathalec. Si les nourrices l’avaient encore arrosé de leur lait, pendant trois jours seulement, il serait sorti de la bouteille, plein de vie et de force, et désormais immortel. Mais, Dieu ne le permit pas. Le juge lança la bouteille contre un mur, et le petit homme s’y aplatit et s’y colla, comme une pomme cuite.

C’en était fini du docteur Coathalec, qui avait voulu se rendre immortel. Dieu seul est immortel !

Quant à sa femme, sa suivante et le valet de chambre, qui avaient été changés en belette, vipère et crapaud, ils restèrent sans doute sous ces formes, le docteur n’étant plus là, pour les rappeler à leur forme première.


(Conté par Jean-Marie Le Ny, laboureur, à
Plounevez-du-Faou (Finistère), et natif de
Plougonver (Côtes-du-Nord).


Il y a dans ce conte mélange d’une légende moderne avec une fable ancienne, appartenant au cycle du Magicien et son valet. Le docteur Coathalec est un personnage historique ou du moins à-demi, et mon conteur, natif de la commune de Plougonver, canton de Belle-Isle-en-Terre, affirmait, d’accord en cela avec la tradition locale, qu’il avait habité le château de Kerméno, eu la trêve de La Chapelle-Neuve, il y a environ cent ans, et que le souterrain dont il est question dans le récit