Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/364

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le panier, tous les soirs ; ne vous en inquiétez pas davantage. »

La vieille s’en alla, satisfaite des attentions de sa fille pour elle. Pipi fut alors hissé en haut et caché dans la chambre de la princesse, où il passa la nuit. Et chaque soir, il montait ainsi, par le même chemin, et descendait le matin, de bonne heure. Mais, les deux aînées, ayant découvert la fraude, furent jalouses de leur cadette, et menacèrent de tout dévoiler, si Pipi ne leur rendait aussi visite. Alors, Pipi et la jeune princesse résolurent de quitter ensemble le château, et de descendre sur la terre. Ils remplirent leurs poches d’or et de pierres précieuses, puis, quand tout le monde dormait, la jeune magicienne revêtit sa peau de plume. Pipi lui monta sur le dos, et ils partirent. Le lendemain matin, le vieux magicien et sa femme se mirent à leur poursuite ; mais, c’était trop tard, et ils ne purent les atteindre.

La princesse se fit baptiser, car elle n’était pas chrétienne, puis Pipi l’épousa, et ils vécurent heureux ensemble, et eurent plusieurs enfants. Mais, on dit que ces enfants leur furent tous enlevés par les Morgans.


Conté par Marie Tual, dans l’ile d’Ouessant, mars 1873.