Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/425

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Et les convives quittèrent la table du festin et coururent aux fenêtres. Et des rires et des cris, vous pouvez croire.

— Qu’on leur rende la liberté, à présent, dit le seigneur, au bout de quelque temps. Et Jean dit :

— Par la vertu de ma baguette blanche, que le Wignavaou se défasse !

Et chacun recouvra sa liberté, gens et bêtes, et partit.

Il fallait voir la honte et la confusion de Jeanne et de son amoureux !

— Ton four est-il chaud, fournier ? demanda le seigneur.

— Oui, monseigneur, il est chaud, répondit le fournier,

— Eh bien ! qu’on y jette les deux coupables !

— Pas Jeanne, s’écria Jean, je lui pardonne. Le valet seul fut donc jeté dans le four, et Jean ramena Jeanne, qui promit d’être plus sage, et ils vécurent heureux ensemble, dit-on.


Conté par Marie Le Manac’h, de Plougaznou.
Mars 1875.


On aura remarqué dans ce récit un singulier mélange d’épisodes de la vie réelle et de souvenirs de ressorts merveilleux sur lesquels sont bâtis plusieurs contes que l'on a pu lire précédemment, et qui appartiennent à un tout autre ordre d’idées.