Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/454

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Et les voilà Je frapper sur la partie de sa personne que leur indiquait leur maître.

— Que faites-vous donc, imbéciles ? hurlait-il ; je vous dis Ma Réor ! frappez sur Ma Réor, et fort !...

Et ils continuaient de frapper au même endroit.

Guyon profita de tout ce vacarme et ce désordre pour s’esquiver.

Le portier essaya de lui barrer le passage.

D’un coup d’épaule, il le jeta dans la douve du château, où il s’enfonça dans la vase, sans pouvoir s’en dépêtrer.

Les valets accoururent à ses cris de détresse.

— Qui est-ce qui vous a jeté là ? lui demanda-t-on.

— Moi-Même, répondit-il.

— Vous-même, vieil imbécile ! Eh bien ! tâchez de vous en retirer aussi vous-même.

Et ils le laissèrent patauger, dans la mare, pour poursuivre Guyon.

Mais Guyon était déjà loin, et il rentra chez lui, sans encombre, et conta à son frère comment il l’avait vengé.


Prat. — 1872.


Se rappeler une aventure analogue d’Ulysse avec Polyphème, dans l'Odyssée d’Homère.